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Inauguration de la Place Jacques Duhamel

Discours de la Maire - Inauguration de la Place Jacques Duhamel
22 octobre 2016

Monsieur le Président (François BAYROU)
Madame la Ministre (Elisabeth GUIGOU)
Monsieur l’Adjoint à la Maire de Paris (Jean-Louis MISSIKA)
Madame l’Adjointe à la Maire de Paris (Marie-Christine LEMARDELEY)
Monsieur le Député-Maire (Claude GOASGUEN)
Mesdames et Messieurs les parlementaires, chers collègues du Conseil de Paris
Mesdames et Messieurs les élus
Mesdames et Messieurs,

En inaugurant, presque 40 ans après sa disparition, à quelques mètres de sa dernière résidence dans le 5e arrondissement, une place dédiée à la mémoire de Jacques DUHAMEL, je ne peux m’empêcher de penser à la phrase de Jacques RIGAUD, son ami et directeur de cabinet : « Le temps de la politique est court. Mais le temps des justifications et des vraies récompenses est très long ».

Rares sont pourtant les hommes de la stature intellectuelle, politique et morale d’un Jacques DUHAMEL qui ont autant donné à la France en si peu de temps.

Jacques DUHAMEL disparaît en 1977, à 52 ans, un âge où beaucoup, surtout en politique, construisent encore une carrière, quand ils ne rêvent pas de s’envoler vers les plus hautes destinées.

Son héritage est pourtant tout à fait considérable, et sur le terrain des idées, et sur celui de l’action.

Formé très jeune au service de la France, à la dure école de la Résistance, il fête ses 18 ans dans une cellule, à Fresnes, puis intègre la première promotion de l’ENA de la « France combattante ». Il sera fidèle toute sa vie à cet engagement absolu, même quand les épreuves s’acharneront sur lui : la disparition d’un fils, la terrible maladie…

L’expérience héroïque de la Résistance et de la fragilité des choses ont sans doute forgé sa conception exigeante de l’action publique, conception qui se traduisait autant par l’autorité du réformateur que par une manière d’être à la politique, ouverte aux autres et pleine d’humilité. Car la politique n’était pas pour lui un champ de bataille, et il attachait beaucoup de prix à la sincérité de l’engagement et à la loyauté. Celle-ci lui soufflera des choix courageux et parfois incompris dans son propre camp. Après 1968, il ralliera ainsi Georges POMPIDOU, qui incarnait pour lui l’esprit de réforme, et contribuera à infléchir la politique gouvernementale dans un sens libéral, social et européen, puis il soutiendra le projet de « Nouvelle Société » de Jacques CHABAN-DELMAS.

Il n’y a donc rien d’étonnant à ce que cette figure emblématique et charismatique du centrisme – qui avait fondé en 1969 son propre parti, le Centre Démocratie et Progrès – rassemble bien au-delà de sa propre famille politique. En témoigne aujourd’hui la présence de très nombreux élus de sensibilités différentes.

Parmi les nombreuses fonctions qu’il exerça durant sa vie trop courte – grand commis de l’État, député passionné du Jura, Maire de Dole, ministre, c’est le Ministre de la Culture qui nous laisse sans doute l’héritage le plus imposant.

Quand il arrive rue de Valois, beaucoup imaginent que Jacques DUHAMEL, dont la philosophie empruntée à William James est « d’abord continuer, ensuite commencer », se contentera d’administrer le ministère.

Il n’en fut rien, bien au contraire !

L’époque DUHAMEL fut celle de profondes innovations, celle de l’invention de structures légères de diffusion, de l’implantation du ministère en région, de la réorientation de la politique patrimoniale, d’un soutien assumé à la modernité avec la création du Festival d’Automne et des nominations audacieuses - Rolf LIEBERMANN à l’opéra de Paris, Roger PLANCHON au TNP de Villeurbanne…

« Pour la première fois ce ministère a une sorte de reconnaissance pour les jeunes artistes », osera même un certain Jack LANG, que le Ministre avait nommé au Théâtre de Chaillot.

Avec Jacques DUHAMEL, l’administration de la culture va accéder à une crédibilité dans l’État et servir un véritable projet social au service des tous les publics et pas seulement des professionnels de la culture, projet dans lequel, bien des années plus tard, comme Directrice générale du Parc de la Villette, je me retrouverai, comme beaucoup de mes collègues.

L’héritage qu’il nous laisse aujourd’hui n’est que plus précieux.

Je crois qu’il serait très heureux du choix porté par la ville et partagé par ses enfants, Olivier, Gilles et Stéphane, que je salue avec émotion, de donner son nom à ce petit coin de Quartier latin. C’est un choix sensible et modeste, mais ô combien symbolique, au pied de la Montagne Sainte-Geneviève, lieu emblématique des savoirs et de la culture, entre Notre-Dame et la rue d’un grand théologien aristotélicien, là où le mystique côtoie souvent le philosophe, près de la Seine, qui berce toujours nos amours et nos espoirs.

Florence BERTHOUT
Maire du Ve arrondissement
Conseillère régionale d’Île-de-France



 
 
 

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